Ce mercredi 28 octobre 2026, Akli Mellouli interpelle le Gouvernement suite à l’attentat terroriste à Trappes.
« Les discours racistes ne sont pas une opinion : c’est le motif du terroriste Kevin T. à Trappes ! » Au Sénat, lors des questions au Gouvernement, le sénateur écologiste Akli Mellouli interpelle la ministre Aurore Bergé sur les actes à prendre pour protéger nos compatriotes contre le racisme.
Voir sur Youtube : https://youtu.be/JUFN4GCtVDg
Voici la question dans son intégralité.
Seul le prononcé fait foi.
Monsieur le garde des Sceaux,
À Trappes, Pengo Bossio Wangui a été tué, une petite fille de 12 ans a été criblée de balles et d’autres ont été blessés.
Derrière cet attentat terroriste raciste, il y a des vies brisées, des familles endeuillées et un pays meurtri. À la victime et à ses proches, nous adressons nos condoléances et notre solidarité.
Mais aujourd’hui, les Français ne veulent plus seulement entendre des condamnations ; ils veulent des actes. Que comptez-vous faire pour protéger nos compatriotes arabes, noirs et musulmans contre le racisme, l’islamophobie, la négrophobie et la haine qui les désigne comme des cibles ?
Nous devons avoir le courage de nommer les choses. L’islamophobie existe, blesse, exclut et humilie. Elle se banalise à longueur de journée dans le débat public, nourrie par des discours qui désignent constamment les musulmans comme une menace.
Pire encore, comment tolérer que des propagandistes de la haine, sur les plateaux de télévision, affirment que les Français issus de l’immigration maghrébine et africaine étaient des « barbares » responsables des prétendus pillages du 17 octobre ? Ce discours raciste n’est pas qu’une simple opinion : c’est l’exact motif du terroriste Kevin T.
La République ne peut plus faire comme si la banalisation du racisme sur les chaînes d’information n’était pas sans conséquence. La dignité humaine ne dépend ni de la couleur de peau, ni d’un nom, ni d’une origine, ni d’une religion. Votre responsabilité est de faire en sorte que la justice ne soit pas seulement celle qui intervient après le drame, mais aussi celle qui protège les victimes en amont et lutte contre l’impunité de ces discours.
Nous ne pouvons pas, d’un côté, proclamer l’égalité, et en même temps (comme dirait l’autre) laisser des millions de nos compatriotes vivre avec une cible dans le dos.3
Monsieur le garde des Sceaux, l’empathie du gouvernement ne protégera pas nos enfants des balles et les condoléances des ministres ne désarmeront pas la haine. Je vous pose donc une question simple : qu’allez-vous faire, concrètement, pour que nos compatriotes puissent vivre libres, en sécurité et dans la dignité ?